Confinement et sobriété numérique : Adopter les bons gestes !

Le confinement nous pousse à utiliser massivement les outils numériques, au risque d'en augmenter drastiquement l'impact environnemental... Mais des pratiques éco-responsables sont possibles! Vous nous suivez? On vous explique comment faire...

Le confinement bouleverse notre quotidien : presque plus de sorties, plus de temps chez soi, pour peut-être cuisiner davantage ou enfin se dédier à une activité longtemps repoussée faute de temps (pour ceux d’entre nous qui en disposeraient davantage avec ce confinement) ? L’utilisation des outils numériques a, elle aussi, évolué durant cette période, certains l’utilisant plus qu’à l’accoutumée pour télétravailler, s’informer, communiquer avec ses proches, ou se détendre. Pourtant, l’utilisation de ces technologies a un impact non négligeable sur l’environnement. A l’échelle mondiale, ce secteur représente 4% des émissions de gaz à effet de serre et croit à une vitesse exponentielle : si rien n’est fait, ce chiffre pourrait doubler d’ici 2025, atteignant le niveau d’émission de la flotte mondiale de voitures ! La fabrication de ces objets numériques ainsi que des infrastructures nécessaires à leur fonctionnement (serveurs, routeurs, datacenters…) requièrent de l’énergie et des ressources dont l’extraction pose de graves impacts environnementaux et sociaux.

Ce temps de confinement pourrait être le moment d’adopter les écogestes compatibles avec une utilisation plus sobre de ces technologies numériques...

Nous vous livrons ici quelques astuces dans ce sens !
 

1. Garder plus longtemps ses équipements

La production d’un équipement numérique est responsable de 45% des consommations d’énergie de sa vie. L’occasion de s’interroger sur le besoin réel de changer régulièrement d’ordinateur ou de smartphone : passer de 2 à 4 ans d’usage pour une tablette ou un ordinateur améliore de 50% son bilan environnemental ! Se tourner vers les solutions d’achat de seconde main ou reconditionné, ou vers la réparation permet aussi d’améliorer le bilan. 

 

2. Modérer le streaming vidéo

La vidéo en ligne représente 80% du flux mondial de données. Diverses techniques permettent de limiter cet impact :

  • Désactiver la lecture automatique des vidéos sur nos applications favorites
  • Privilégier les contenus enregistrés en local sur l’ordinateur (films, musiques…) plutôt que sur les plateformes de streaming
  • Diminuer la résolution lors du visionnage d’une vidéo en ligne : 10h de vidéo en Haute Définition contiennent autant de données que l’intégralité de l’encyclopédie Wikipédia en anglais !
  • Pour télétravailler, privilégier les appels audios aux appels vidéo, consommant 1000 fois plus de bande passante ! La vidéo peut par exemple être utilisée au début de chaque réunion pour saluer chaque participant, avant de basculer en mode audio uniquement (arrêt des webcams de tous les participants)

 

3. Alléger les échanges sur messagerie

L’envoi d’un seul mail et son stockage sur les serveurs pendant une année émet une dizaine de grammes de CO2, soit l’équivalent d’une cinquantaine de mètres parcourus en voiture. Imaginez l’impact de nos boites mails encombrées de mails inutiles et parfois vieux de plusieurs années...

Quelques astuces et nouvelles habitudes simples peuvent limiter notre impact sur l’environnement :

  • Pour les échanges ponctuels en interne, privilégier la messagerie instantanée de l’entreprise plutôt que l’envoi de mails. La suppression automatique de ces échanges après une période donnée est, de plus, facilement paramétrable
  • Bien cibler ses destinataires : multiplier par 10 le nombre de destinataires d’un mail, c’est multiplier par 4 son impact environnemental !
  • Compresser les pièces jointes, ou, même mieux, les envoyer via des sites de dépôt temporaire comme WeTransfer
  • Eviter la présence d’image ou logo (lourds en données) dans la signature de mail, pour les contacts bien établis
  • Faire le ménage régulièrement sur sa boite mail, en supprimant les spams dès leur arrivée et en vidant la corbeille. L’extension Cleanfox facilite le travail pour se désabonner des newsletters non lues

 

4. Bien utiliser son navigateur web

  • Mettre les adresses web fréquemment utilisée en favoris. Les émissions de gaz à effet de serre sont divisées par 4 en allant directement à l’adresse du site, plutôt qu’en passant par un moteur de recherche !
  • Fermer les onglets inutilisés (dont l’actualisation automatique consomme des données) et supprimer régulièrement les cookies
  • Bien que ne diminuant pas l’impact direct, opter pour des moteurs de recherche qui reversent une partie de leurs revenus pour des projets environnementaux ou sociaux permet de faire une bonne action : Ecosia, Lilo, Ecogine...

 

5. Faire le ménage sur le cloud et privilégier le stockage en local

Le stockage de documents en ligne est réalisé par des serveurs fortement consommateurs d’énergie. Le stockage sur clé USB ou disque dur externe est préférable, en ne conservant par exemple que le strict nécessaire sur le Cloud.

 

6. Privilégier le réseau filaire plutôt que le réseau mobile

Lorsque cela est possible, il est préférable d’utiliser le réseau filaire provenant d’une Box internet (via WIFI ou câble Ethernet), moins consommateur d’énergie et plus robuste que le réseau mobile 4G.

 

7. Optimiser les consommations énergétiques de vos appareils, et alléger son porte-monnaie

Outre les consommations d’énergie nécessaires au fonctionnement des réseaux, vos appareils sont également directement consommateurs ! Quelques astuces pour diminuer ces consommations électriques (pour lesquelles, cette fois, vous payez directement la facture) :

  • Eteindre vos appareils plutôt que de les laisser en veille lorsque vous ne les utilisez pas. A titre indicatif, une box internet consomme annuellement autant qu’un réfrigérateur (Etude « 60 millions de consommateurs » - ADEME). Pourquoi ne pas commencer par l’éteindre la nuit par exemple ?
  • Désactiver les fonctionnalités GPS, Bluetooth, WIFI de vos smartphones lorsque vous ne les utilisez pas

 

8. Préférer les activités n’utilisant pas internet

Le moyen le plus efficace pour diminuer son impact numérique reste bien sûr d’y avoir recours le moins possible : lorsque cela est possible, notamment pour se divertir, d’autres supports peuvent être préférés ! Cette période particulière peut être l’occasion de s’adonner à ces activités que vous n’avez pas le temps de réaliser en temps normal : tenter de nouvelles recettes, s’améliorer dans son instrument de musique favori, se découvrir des talents de peintre ou de potier, préférer la soirée lecture à la soirée film…

 

Nous vous souhaitons un confinement sobre et serein !

 

Pour aller plus loin :

  • The Shift Project, think-tank œuvrant pour une économie décarbonée, a publié plusieurs rapports sur cette thématique. Peuvent, de plus, y être trouvé :
    • Une extension de navigateur web permettant de mesurer l’impact de votre consommation de données internet !
    • Un guide permettant de réduire le poids d’une vidéo en ligne tout en conservant une bonne qualité
  • Un guide de l’Ademe « La face cachée du numérique »
  • Consommer autrement, acheter durable, réparer facilement : astuces et bonnes adresses sont données ici (site d’Etat : longuevieauxobjets.gouv.fr)